(Muddy Waters)
Et aujourd’hui, Simone, la chronique cinéma de la semaine. Hier, je suis allé voir Shine A Light, le documentaire de Scorcese sur les Rolling Stones. Bon, je commence directement par ce qui ne va pas, comme ça on pourra passer rapidement à autre chose : sérieusement, Mick, Keith, Ron et Charlie, qu’est ce que vous avez fumé pour inviter à votre concert Jack White (des White Stripes) et surtout Christina Aguilera ? Remarque, le pire, c’est qu’on le sait ce que vous avez fumé avant de les inviter, parce que rien qu’a voir la tête de Keith Richard, on sait qu’il n’a pas dû carburer au petit lait toute sa vie !
En fait, pour vous replacer les choses dans leur contexte, la bande annonce du film, j’ai dû la voir il y a bien trois mois sur le net. Gros coup de cœur, par ce que, hein, bon, on ne voit pas tous les jours les Stones en concert (je ne connais guère que Cartman pour l’avoir fait, et à 80 euros la place, je comprends pourquoi). Et puis, bon, les outrages du temps, toussa, et l’envie s’étant peu à peu retirée, je me suis retrouvé mercredi jour de la sortie à regarder d’un œil torve l’affiche, puis à passer rapidement à autre chose. Et puis, voila qu’hier je tombe sur un article de LadiesRoom (ici), où une groupie fait un article complètement sectaire disant combien elle aime les Stones, seuls et uniques « Biggest Rock Band In The World », et que jamais elle ne voudra les voir raccrocher.
Et si, en temps que solidarité confessionnelle, il y a quelque chose qui me fait triper chez les autres geeks, c’est leur obsession pour des choses complètement obscures et/ou has-been. Et, comme on ne peut pas vraiment dire des Stones qu’ils sont inconnus (et pour la mauvaise foi du fond de la salle, ils ne sont pas non plus has-been, c’est des rockeurs, c’est pas pareil), je me suis dit « well, let’s give then a try ! ». Et puis, comme ça, je ne mentirai presque pas quand je dirai à mes petits-enfants que j’ai vu le déhanché de Mick Jagger en vrai (dans les mensonges, c’est le presque qui fait toute la différence).
Donc, vous demandez-vous, brûlant de savoir, c’est si bien que ça un concert des Stones ? Je commence par quoi ? Le discours de Bill Clinton au début, qui essaie de faire croire que si les Rolling Stones jouent ce soir, c’est « because they are very aware and very concerned about the environment » ? La photo d’avant concert avec le neveu dudit Billou, agé de dix ans, et qui n’a pas dû piger une seule parole de chanson (parce qu’ils ont beau avoir tous dépassé les soixante ans, nos rockeur continuent à ne parler que de sex, drug and rock & roll !) ? La façon de danser de Mick Jagger, que je veux savoir me déhancher comme ça, et que les yeux de Promesse brillaient dans le noir quand on avant un gros plan sur son bassin alors qu’il dansait ? Le visage ravagé de Keith Richard, qui a signé avec Vitton pour une campagne de pub, qui renverra Sébastien Chabal sur les terrains de rugby qu’il n’aurait pas dû quitter pour faire des pubs aussi moches ? L’épaule de Keith Richard, toujours, tellement distroy par ses années d’héroïne, qu’elle arbore trois longues scarifications rectilignes ? Le sourire de Ron Woods, que Mick Jagger présente à la foule comme « Our little Ronnie » après des sessions bootleg impressionnantes, ou après qu’il ait accompagné Keith Richard chantant You Got The Silver? Mick Jagger traversant l’intégralité de la foule pour rejoindre la scène, vêtu d’un long manteau noir à plumes ? Le calme maîtrisé de Charlie Watts, le batteur, lorsque Mick, dans une vanne vieille de quarante ans, le force à dire « Hello » à la foule, avant de reprendre le micro pour dire, dans un grand sourire innocent « See ? He talks! »? Le riff final, quand, pour conclure leur concert, les Rolling Stones ont interprété (I Can’t Get No) Satisfaction ? Nan, désolé, mais un concert des Stones, ça ne se raconte pas, ça se vit (je sais, c’est naze) alors sortez, petits geeks, et allez voir ce film (et comme ça, vous pourrez en profiter pour tuer les saloperies d’oiseaux qui crient dehors et vous réveillent le matin, quand tout ce que vous voulez c’est dormir après avoir passé la nuit sur votre PC).
Le Geek, et ayez une petite pensée pour les gens qui ne connaissent qu’une chanson des Stones et qui sont déçus quand ils ne la jouent pas (au hasard, Promesse) (patapé, patapé).


